Relibou Kitchen

Cuisine créative, saine et épicée.

22 décembre 2008

Stand-by solidaire

Sur son chaleureux blog-notes, Lolotte a lancé un appel qui a fait écho chez moi... Le partage, l'empathie et la générosité sont des valeurs essentielles, trop souvent oubliées ou remisées au fond d'un tiroir.

En ces fêtes de fin d'année, l'étalage de nourriture, les jouets en vente dans les supermarchés depuis octobre et la cohorte d'éclairages publics de Noël qui coûtent un bras paraissent tellement indécents face à la misère qui grandit, grandit de façon sourde et rampante en France. Et je sais de quoi je parle, je bosse dans une association humanitaire : cette année, de plus en plus de jeunes en errance, de plus en plus de personnes âgées vivant avec le minimum vieillesse, de plus en plus de Sans Domiciles déshumanisés qui ont sombré dans la démence (qui supporterait leur quotidien en restant sains d'esprit?), de plus en plus de salariés. Tous poussent la porte des assos humanitaires car leur détresse est immense et qu'ils ne savent plus comment faire... Quand la plupart m'ont dit "Joyeux Noël", je n'ai pu que leur répondre "merci" car je sais que pour la majorité d'entre eux, Noël ne ressemblera qu'aux autres jours d'hiver, tristes et froids.

Alors oui, du 23 décembre au 1 er janvier, pour que personne n'oublie que Noël n'est pas festif pour tout le monde, il n y aura rien de publié sur ce blog

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Et j'en profite pour penser à tous ces gens que je rencontre et qui ont eu, à un moment de leur vie, une fêlure qui les a conduit dans le monde des exclus, ceux qu'on ne voit plus et qu'on ne regarde plus.

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23 février 2008

N'oublions pas le sens du mot "humanité"

Comme je l’ai déjà dit, je travaille dans une association humanitaire. Cette association accompagne notamment des demandeurs d’asile dans leurs démarches. Ces demandeurs d’asile, dont on parle si souvent dans les médias en les appelant « sans papiers ».

« Sans papiers »… C’est tellement plus facile d’oublier que ce sont des êtres humains, qui ont quitté leur pays la trouille au ventre, en ne sachant pas vers quoi ils allaient. En espérant certainement des jours meilleurs…Ailleurs. Car, quoi qu’on en dise, il faut un courage immense pour faire ce qu’ils font : quitter le pays qui les  vu naître, leur famille, leur maison, leurs amis et partir avec rien, même pas une valise, pour arriver dans un pays dont quelquefois, on ne maîtrise même pas la langue. Je crois qu’il faut être sacrément désespéré pour faire cela.

Et voilà qu’ils arrivent dans un pays, le pays des Droits de l’Homme donc… La chute est alors vite rude : des préfectures qui les traitent comme des numéros, des médecins qui refusent de les soigner parce qu’ils ne sont pas encore couverts, l’incompréhension et surtout la peur. Je crois que c’est ce qui me marque le plus eux, la peur et la détresse des déracinés, qui n’ont pas eu d’autre choix que celui qu’ils ont fait.

Depuis 2 ans et demi, je travaille avec la famille K., un couple d’une cinquantaine d’année venu d’Arménie avec leur fils de 20 ans et sa femme de 19 ans, qui a accouché il y’a deux mois d’un petit garçon. Des gens sans histoire et respectueux qui essaient tant bien que mal de s’intégrer dans cette société, qui font toutes les démarches pour obtenir l’autorisation de rester en France parce qu’en Arménie, même si on n’en parle pas dans les médias, il y a quelques problèmes politiques qui font que certains arméniens ne peuvent plus y vivre….

Vendredi matin, la police est venue les chercher. Chez eux… Parce qu’ils savaient que leur recours avaient été refusé mais que, comme ce sont des honnêtes gens, ils n’ont pas cherché à quitter leur appartement, ni à se cacher pour fuir cette expulsion tant redoutée. A 9h du matin, la famille est sortie menottée, comme des criminels, pour partir en centre de rétention avant de regagner la frontière… Avec ce bébé de 2 mois.

Pendant ce temps, dans toute la France, les expulsions de cet acabit continuent. Faire du chiffre avant de considérer toutes ces personnes comme des êtres humains dans la détresse...

Regardez le fabuleux film de Yamina Benguigui, "Inch Allah Dimanche" qui raconte l'arrivée en France d'une femme algérienne venue rejoindre son mari dans le cadre du regroupement familial, dans les années 70. Il retranscrit tout à fait la détresse, le désespoir et la peur de ces gens qui quittent tout leur environnement familier pour recommencer une autre vie, dans un pays qu'ils ne connaissent pas...

Inch'allah dimanche
Vidéo envoyée par xuti75

Posté par aurelvelvet à 09:35 - Things that make me angry - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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