Relibou Kitchen

Cuisine créative, saine et épicée.

23 février 2008

N'oublions pas le sens du mot "humanité"

Comme je l’ai déjà dit, je travaille dans une association humanitaire. Cette association accompagne notamment des demandeurs d’asile dans leurs démarches. Ces demandeurs d’asile, dont on parle si souvent dans les médias en les appelant « sans papiers ».

« Sans papiers »… C’est tellement plus facile d’oublier que ce sont des êtres humains, qui ont quitté leur pays la trouille au ventre, en ne sachant pas vers quoi ils allaient. En espérant certainement des jours meilleurs…Ailleurs. Car, quoi qu’on en dise, il faut un courage immense pour faire ce qu’ils font : quitter le pays qui les  vu naître, leur famille, leur maison, leurs amis et partir avec rien, même pas une valise, pour arriver dans un pays dont quelquefois, on ne maîtrise même pas la langue. Je crois qu’il faut être sacrément désespéré pour faire cela.

Et voilà qu’ils arrivent dans un pays, le pays des Droits de l’Homme donc… La chute est alors vite rude : des préfectures qui les traitent comme des numéros, des médecins qui refusent de les soigner parce qu’ils ne sont pas encore couverts, l’incompréhension et surtout la peur. Je crois que c’est ce qui me marque le plus eux, la peur et la détresse des déracinés, qui n’ont pas eu d’autre choix que celui qu’ils ont fait.

Depuis 2 ans et demi, je travaille avec la famille K., un couple d’une cinquantaine d’année venu d’Arménie avec leur fils de 20 ans et sa femme de 19 ans, qui a accouché il y’a deux mois d’un petit garçon. Des gens sans histoire et respectueux qui essaient tant bien que mal de s’intégrer dans cette société, qui font toutes les démarches pour obtenir l’autorisation de rester en France parce qu’en Arménie, même si on n’en parle pas dans les médias, il y a quelques problèmes politiques qui font que certains arméniens ne peuvent plus y vivre….

Vendredi matin, la police est venue les chercher. Chez eux… Parce qu’ils savaient que leur recours avaient été refusé mais que, comme ce sont des honnêtes gens, ils n’ont pas cherché à quitter leur appartement, ni à se cacher pour fuir cette expulsion tant redoutée. A 9h du matin, la famille est sortie menottée, comme des criminels, pour partir en centre de rétention avant de regagner la frontière… Avec ce bébé de 2 mois.

Pendant ce temps, dans toute la France, les expulsions de cet acabit continuent. Faire du chiffre avant de considérer toutes ces personnes comme des êtres humains dans la détresse...

Regardez le fabuleux film de Yamina Benguigui, "Inch Allah Dimanche" qui raconte l'arrivée en France d'une femme algérienne venue rejoindre son mari dans le cadre du regroupement familial, dans les années 70. Il retranscrit tout à fait la détresse, le désespoir et la peur de ces gens qui quittent tout leur environnement familier pour recommencer une autre vie, dans un pays qu'ils ne connaissent pas...

Inch'allah dimanche
Vidéo envoyée par xuti75

Posté par aurelvelvet à 09:35 - Ce qui me révolte... - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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